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Sarcopénie

La sarcopénie est un trouble progressif des muscles squelettiques caractérisé par une faible masse musculaire et une diminution de la force musculaire, ainsi que par des performances physiques réduites. La sarcopénie a toujours été associée à l’âge, désignée comme étant « une perte musculaire et fonctionnelle liée à l’âge », mais elle peut également toucher des personnes plus jeunes. Ce trouble est associé à une fragilité, des chutes et des fractures, et peut entraîner des difficultés non seulement pour se déplacer, mais aussi pour accomplir des activités quotidiennes.

Cette maladie peut provoquer une augmentation des hospitalisations, un besoin de soins de longue durée, une diminution de la qualité de vie et une hausse de la mortalité. On estime que la sarcopénie touche 20 % des personnes âgées de plus de 70 ans et 50 % des personnes âgées de plus de 80 ans. Les estimations varient, car il n’existe actuellement aucun critère normalisé permettant de dépister la sarcopénie.

Quelles sont les causes de la sarcopénie?

Le vieillissement représente la principale cause de la sarcopénie. Nous commençons à perdre de la masse musculaire après 30 ans, à raison d’environ 3 à 8 % par décennie, et cette perte s’accélère après 60 ans. À 80 ans, nous avons perdu environ 40 % de l’un de nos principaux groupes musculaires inférieurs, le vaste latéral; ce groupe musculaire est important pour l’équilibre et pour éviter les chutes. Les changements hormonaux liés au vieillissement ont des répercussions sur la masse musculaire. La baisse du taux d’œstrogènes chez les femmes ménopausées et la diminution du taux de testostérone chez les hommes à mesure qu’ils vieillissent contribuent à cette perte musculaire. Parmi les autres causes secondaires de la sarcopénie, il convient de citer des maladies comme le cancer, l’arthrose et les troubles neurologiques, ainsi que toute affection susceptible de limiter la mobilité.

L’inactivité attribuable à l’alitement, à un mode de vie sédentaire ou à un manque d’activité physique peut contribuer au développement de ce trouble, et des situations liées à la nutrition, notamment la sous-alimentation, la malabsorption, l’anorexie causée par la prise de médicaments ou la suralimentation, peuvent également causer la sarcopénie.

Les muscles sont importants!

La plupart des gens connaissent bien la fonction structurelle des muscles de même que leur rôle dans le mouvement, l’équilibre, la posture et la force. Les muscles jouent également d’autres rôles importants dans notre corps ; le poids corporel moyen d’une personne en bonne santé est composé à 40 % de muscles. En plus de nous aider à accomplir les activités de notre vie quotidienne, les muscles ont des fonctions métaboliques comme la production de chaleur, et jouent un rôle dans la fonction immunitaire; ils contiennent des réserves d’énergie et constituent un organe endocrinien. Les signaux envoyés par les muscles affectent d’autres tissus du corps, notamment les os, et contribuent à la guérison et à la réparation.

Les muscles affectent tous les systèmes du corps; c’est pourquoi la sarcopénie est liée à la longévité; les patients fragiles ont un taux de mortalité hospitalière plus élevé et un taux de mortalité après un an plus élevé après une chute.

Diagnostic

Une faible force musculaire, une diminution de la qualité/quantité musculaire et des performances physiques réduites sont les principales composantes de la sarcopénie. Si une personne présente une faible force musculaire, on peut soupçonner une sarcopénie. Le diagnostic serait alors confirmé par une combinaison de tests diagnostiques et d’évaluations indiquant une faible qualité ou quantité musculaire. Si une personne affirme avoir de faibles performances physiques, on peut présumer qu’elle souffre de sarcopénie sévère.

Le dépistage peut inclure la collecte des antécédents du patient et exiger de remplir un formulaire de dépistage appelé SARCF. Si le dépistage est positif, l’équipe de soins du patient peut passer à la phase d’évaluation, qui peut comprendre des tests de force de préhension, un test assis-debout et un test de vitesse de démarche.

La relation entre la sarcopénie et l’ostéoporose

La perte musculaire et osseuse est fréquente avec le vieillissement. Lorsque cette perte est importante, on parle d’« ostéosarcopénie » ou de « sarcoporose ». Il est important de la dépister, car cette combinaison d’affections indique un risque plus élevé de chutes et de mortalité. Il existe des mécanismes et des facteurs de risque communs à la perte osseuse et à la perte musculaire, notamment les changements hormonaux, l’inactivité et la malnutrition. Ces affections sont également liées puisque les os et les muscles communiquent entre eux au moyen de molécules de signalisation qui favorisent la réparation osseuse et musculaire. La sarcopénie augmente le risque de chutes fragiles, celles qui se produisent lorsque les jambes perdent leur force ou simplement « lâchent », ce qui entraîne des fractures.

Prévention et traitement de la sarcopénie

Il est impossible de contrôler tous les facteurs de risque de la sarcopénie. Certains facteurs, comme l’âge et la génétique, sont immuables. Il existe toutefois des mesures que vous pouvez prendre pour maintenir votre masse musculaire maximale et réduire votre risque de sarcopénie. Le premier outil dont nous disposons pour prévenir la sarcopénie est l’exercice physique, en particulier les exercices de résistance. Essayez de suivre un programme progressif deux à trois fois par semaine, qui cible les principaux groupes musculaires et exige l’utilisation de poids libres, de bandes de résistance, de machines et le poids du corps. Certaines études révèlent que la combinaison des exercices de résistance et de l’activité aérobique peut donner de meilleurs résultats. Les recommandations concernant l’exercice physique pour lutter contre la sarcopénie recoupent celles d’Ostéoporose Canada. Vous pouvez donc trouver des ressources sur le site Web d’Ostéoporose Canada, notamment fiche « Trop en forme pour se fracturer » et la série de vidéos d’exercices, qui vous aideront à mettre en place un programme d’exercices. Vous pouvez également demander conseil à un professionnel qui a suivi une formation sur les mouvements sans danger pour la santé des os et des muscles, par exemple un physiothérapeute, un physiologiste de l’exercice, un kinésiologue, un entraîneur personnel ou un professionnel qui a suivi la formation Bone FitMC.

L’alimentation et les suppléments peuvent également contribuer à maintenir la masse musculaire. Les personnes âgées en surpoids devraient éviter les régimes hypocaloriques, car ces régimes sont associés à une perte de masse musculaire. Les régimes riches en protéines sont essentiels pour maintenir la masse musculaire. Les protéines provenant de suppléments alimentaires peuvent aider à accroître la force et la masse musculaires, mais leur effet sur les performances physiques peut être limité. La vitamine D est également importante, car elle peut améliorer la force et les performances musculaires, ce qui réduit les risques de chute.

Les lignes directrices sur la nutrition concernant la sarcopénie recoupent celles d’Ostéoporose Canada pour la santé osseuse. Des ressources en ligne, comme le calculateur nutritionnel, peuvent donc aider à s’assurer que les objectifs nutritionnels sont atteints.

Il n’existe actuellement aucun médicament approuvé pour traiter la sarcopénie, mais plusieurs études en sont à un stade avancé et cette situation devrait changer à l’avenir.

En général, l’approche de la prévention et du traitement de la sarcopénie doit être multimodale et personnalisée par votre équipe de professionnels de la santé.

Renseignements tirés directement du webinaire « An Introduction to Sarcopenia » (Introduction à la sarcopénie) présenté pour Ostéoporose Canada par la Dre Shirine Usmani le 8 octobre 2025 : https://osteoporosis.ca/oc-replay/an-introduction-to-sarcopenia/


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