Modifications apportées aux tests de densité minérale osseuse en Ontario
Collaborateurs : Dr Adrian Lau, Dre Heather McDonald-Blumer, Dre Sandra Kim, Dre Natasha Gakhal, Dre Lianne Tile, Dre Angela Cheung, Dre Julie Gilmour, Dre Laëtitia Michou, Dre Claudia Gagnon, Dre Zahra Bardai, Dre Vithika Sivabalasundaram, Dre Marie-Josée Bégin, Sarah Rydahl, Dre Shirine Usmani, Dr Alan Low, Dre Joanna Sale, Dre Teri Charrois, Dre Laura Rothman, Dre Jenny Thain, Irma Amri
Le Barème des prestations et des honoraires de l’Assurance-santé de l’Ontario (ASO) régit le remboursement des services de santé dans la province de l’Ontario. Le 1er avril 2026, des changements importants ont été mis en œuvre, affectant l’accès aux tests de densité minérale osseuse (DMO) en Ontario.
Les informations sont publiées sur le site du gouvernement de l’Ontario, sous la section du barème des prestations et des honoraires de l’OHIP.*
Ostéoporose Canada désire vous informer de ces changements, car ils auront une incidence sur la manière dont vous et votre professionnel de la santé planifierez votre stratégie en matière de santé osseuse.
De plus, la défense des droits des patients pourrait jouer un rôle dans ce domaine, car les nouveaux intervalles entre les tests de densité osseuse limiteront l’accès à ces tests, ce qui pourrait nuire aux soins administrés aux patients dans certaines circonstances.
Ostéoporose Canada estime que l’accès actuel, défini par l’ASO, n’est pas conforme à son Guide de pratique clinique pour la prise en charge de l’ostéoporose au Canada 2023 et ne sert pas les intérêts des patients.
Avant le 1er avril 2026, les médecins recevaient des directives de l’ASO concernant la fréquence des tests de densité osseuse dans différentes situations cliniques, mais ils avaient la possibilité de s’appuyer sur leur expertise pour déterminer quels patients présentaient un faible risque (et n’avaient donc pas besoin d’un suivi fréquent de leur densité osseuse) et ceux dont le risque était plus élevé et qui pouvaient bénéficier d’évaluations plus fréquentes. Un autre test de densité osseuse était autorisé 12 mois après un test précédent, si le professionnel de santé le jugeait nécessaire pour les personnes à haut risque.
Depuis le 1er avril 2026, l’ASO stipule que la possibilité d’obtenir un test de DMO de référence repose toujours sur l’évaluation d’un professionnel de la santé. Toutefois, le moment auquel doit être effectué ce test de suivi est déterminé en fonction de la définition du risque, établie par l’ASO, que présente le patient. Ces nouveaux critères utilisés par l’ASO sont différents des facteurs de risque cliniques généralement acceptés par les professionnels de la santé à travers le Canada, ce qui limite l’accès cliniquement approprié aux tests de DMO nécessaires pour les patients en Ontario.
En ce qui concerne les tests ultérieurs, le risque que présente le patient est défini à l’aide de l’outil d’évaluation du risque de fracture (FRAX) ou d’un outil validé similaire de prédiction des fractures sur 10 ans.
Selon la définition de l’ASO, une personne qui présente un risque estimé de fracture sur 10 ans supérieur à 15 % est un patient à risque élevé. Un patient peut ainsi faire surveiller sa DMO tous les 36 mois.
La seule situation où un nouveau test de DMO est autorisé dans un délai de 12 mois concerne les personnes atteintes d’une affection endocrinienne connue sous le nom d’hypercorticisme/syndrome de Cushing ou celles recevant un traitement à forte dose de glucocorticoïdes, à savoir de la prednisone (ou équivalent) à plus de 20 mg par jour.
L’ASO s’inspire du Guide de pratique clinique 2023 d’Ostéoporose Canada pour apporter ces modifications à son Barème des prestations et des honoraires.
Le Guide de pratique clinique 2023 d’Ostéoporose Canada recommande en effet de répéter le test de DMO tous les trois ans pour les personnes ayant commencé une pharmacothérapie contre l’ostéoporose, ou celles présentant un risque de fracture sur 10 ans > à 15 %.
Toutefois, une mise en garde très importante n’a pas été reprise dans le nouveau Barème des prestations et des honoraires de l’ASO : le test de DMO doit être « réalisé plus tôt en cas d’apparition de causes secondaires, de nouvelles fractures ou d’autres facteurs de risque de perte osseuse rapide ».

§Réévaluer plus tôt en cas d’apparition de causes secondaires (annexe 1, tableau supplémentaire 5), de nouvelles fractures ou d’autres facteurs de risque de perte osseuse rapide.
Il s’agit là des « causes secondaires » mentionnées dans le tableau complémentaire du Guide.

’ASO reconnaît que les personnes atteintes d’« hypercorticisme ou du syndrome de Cushing ou recevant un traitement à forte dose de glucocorticoïdes (supérieure à 20 mg d’équivalent prednisone par jour) » peuvent bénéficier d’un nouveau test de DMO dans les 12 mois, mais ne tient pas compte de celles qui présentent d’autres causes secondaires de perte osseuse rapide. Il convient de noter que cette dose de prednisone est supérieure au seuil indiqué dans la littérature comme nécessitant un suivi plus fréquent de la DMO.
Les personnes présentant d’autres causes secondaires (p. ex., l’hyperparathyroïdie, la polyarthrite rhumatoïde ou des causes génétiques de maladie osseuse métabolique), ou celles qui commencent à prendre des médicaments autres que des glucocorticoïdes (comme des inhibiteurs de l’aromatase ou un traitement antiandrogénique) pour traiter une perte osseuse accélérée devront attendre 36 mois avant de subir un autre test de DMO. Dans le cas des personnes ayant subi une nouvelle fracture de fragilisation, il est possible qu’un nouveau test de DMO suggéré par le professionnel de santé ou le Service de liaison pour fractures (FLS) de l’hôpital soit reporté si un test précédent a été réalisé au cours des trois dernières années. Les personnes qui suivent une pharmacothérapie pour la santé osseuse après un traitement anabolique ou visant à stimuler la formation de tissu osseux ou un traitement au dénosumab peuvent présenter un risque accru de perte osseuse rapide et pourraient bénéficier d’un nouveau test de DMO avant 36 mois.
De plus, après la mise en œuvre de ces changements en avril 2026, les patients, les professionnels de la santé, les centres de test de DMO, les cliniques et les hôpitaux n’ont été prévenus que très tardivement et ont eu peu de temps pour se préparer à leurs répercussions.
Il faut souligner que le Guide de pratique clinique 2023 d’Ostéoporose Canada concerne les femmes ménopausées et les hommes âgés de 50 ans ou plus, et ne s’applique pas aux personnes plus jeunes, y compris les enfants souffrant d’ostéoporose secondaire et de fractures. En raison de leur taux de croissance osseuse, un nouveau test de DMO avant trois ans pourrait être bénéfique.
Répercussions :
- Pour les patients : les patients qui ont réellement besoin d’un suivi précoce sont exposés à une perte osseuse évitable et potentiellement importante qui aurait pu être dépistée et traitée plus tôt. Il peut en découler des retards dans la prise en charge d’un risque croissant de fracture. Ils devront soit se passer d’examens essentiels, soit en assumer eux-mêmes les coûts.
- Pour les médecins : les médecins ne sont plus en mesure de surveiller correctement la réponse au traitement ou l’évolution de la maladie, ce qui limite leur jugement clinique et les oblige à adopter une approche plus universelle susceptible de compromettre la qualité des soins.
- Les tests de DMO déjà réservés et planifiés au cours des 36 prochains mois pourraient ne plus être couverts en vertu des nouvelles lignes directrices de l’ASO. Ces tests pourraient devoir être annulés ou reportés.
- Comme le risque d’ostéoporose et de fractures de fragilisation est plus élevé chez les femmes, ces changements ont des conséquences plus importantes sur la santé des femmes.
Prochaines étapes :
- Ostéoporose Canada estime que la reprise d’un test de DMO dans les 12 mois devrait être autorisée dans d’autres circonstances en plus des cas d’« hypercorticisme ou de syndrome de Cushing ou de traitement par glucocorticoïdes à forte dose (supérieure à 20 mg d’équivalent prednisone par jour) » et devrait inclure les patients présentant d’autres causes secondaires d’ostéoporose, de nouvelles fractures ou d’autres facteurs de risque de perte osseuse rapide.
- Ostéoporose Canada comprend que les changements soudains concernant l’accès aux tests de DMO placent les patients, les professionnels de la santé et les cliniques dans une situation difficile, car les tests de DMO déjà planifiés pourraient ne plus être couverts par l’ASO.
- Ostéoporose Canada est consciente du fait que certains patients ne seront pas admissibles à un nouveau test de DMO avant 36 mois, même si une réévaluation plus précoce pourrait être nécessaire.
- Ostéoporose Canada est favorable au report de toute modification des politiques relatives aux tests de DMO jusqu’à ce que des avis d’experts fondés sur des données probantes soient intégrés aux politiques de l’ASO, et afin de donner à tous les intervenants plus de temps pour adapter leurs pratiques cliniques aux nouvelles politiques.
- Ostéoporose Canada travaille actuellement avec des experts-conseils en défense des droits dans le but d’élaborer une stratégie de réponse coordonnée.
- Les membres du Conseil consultatif scientifique d’Ostéoporose Canada sont en contact avec l’Ontario Medical Association et l’Ontario Association of Radiology pour discuter des efforts déployés pour la défense des intérêts.
- Une réunion avec des représentants du ministère de la Santé de l’Ontario est actuellement en préparation afin de discuter des préoccupations mentionnées plus haut.
Références :
*Barème des prestations et des honoraires de l’Assurance-santé de l’Ontario : https://www.ontario.ca/files/2026-03/moh-schedule-benefit-2026-03-27.pdf
Clinical practice guideline for management of osteoporosis and fracture prevention in Canada: 2023 update : https://www.cmaj.ca/content/195/39/E1333
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